Le blasphème de l’archonte est un motif très présent dans la littérature dite gnostique. Il consiste à récuser la prétention de l’archonte, identifié au Dieu biblique, à se présenter comme le seul Dieu, tel que l’affirme le prophète Ésaïe : « Moi, c’est moi YHWH, et en dehors de moi il n’y a pas de sauveur » (Ésaïe 43, 11). En effet, cet archonte, souverain du monde de la matière, est en réalité inférieur au Dieu suprême et invisible, connu généralement sous l’appellation de « Père » dans les textes gnostiques Ce motif assure, en partie, l’édifice de la théologie gnostique : le seul Dieu véritable, dont les gnostiques se prévalent, se distingue du Dieu des juifs et des chrétiens de la Grande Église, lequel n’est qu’une créature malfaisante et avilie dont il convient de tourner en dérision la prétention à l’unicité. Ce motif est également attesté dans les textes mandéens. Nous présentons (en téléchargement ici) le texte et la traduction d’un passage du Ginza de droite (81, 11-82, 6). Ce passage met en scène Ruha, personnification de la Sagesse déchue et figure démoniaque. Mariée à son frère Gaf, elle enfanta ‘Ur, prince des ténèbres et souverain du monde créé. Entourée de ses hordes maléfiques, elle vient réprimander son fils ‘Ur, au sujet de sa prétention à se présenter comme la divinité suprême.
Philologue, orientaliste et historien des religions (chargé de recherche au CNRS - CIHAM)
vendredi 7 février 2025
samedi 25 janvier 2025
Nouvel article dans les Analecta Bollandiana
Je signale la parution de mon dernier article dans les Analecta Bollandiana. Cet article propose une traduction française de la Vie géorgienne de Jean d’Édesse, un texte hagiographique produit en milieu syrien melkite au Xe s. L’introduction présente une vue d’ensemble de tous les témoins existants (arabes et géorgiens) et de la provenance du texte, ainsi qu’un commentaire de son genre littéraire. En effet, la Vie de Jean d’Édesse a un profil particulier: mêlant habilement les topoi hagiographiques et le genre de la littérature de maǧlis («session»), ce texte doit être lu et compris dans le contexte des fréquents débats théologiques et philosophiques que les califes et les émirs encourageaient entre juifs, chrétiens et musulmans aux alentours des IXe et Xe s., à l’époque abbasside. Présentant des parallèles frappants avec d’autres textes tels que la Passion de Michel de Mār Sabas et la Vie de Théodore d’Édesse, la Vie de Jean d’Édesse est un morceau fascinant de la littérature hagiographique qui n’a pas suscité beaucoup d’attention de la part des chercheurs jusqu’à présent.
https://www.brepolsonline.net/doi/abs/10.1484/J.ABOL.5.145372
lundi 20 janvier 2025
Sinai Manuscripts Digital Library
Le site Sinai Manuscripts Digital Library du monastère Sainte-Catherine en Égypte procède, en collaboration avec la bibliothèque de UCLA, à la numérisation et à la mise en ligne de tous ses manuscrits, qui possède un fonds d’environ 4500 manuscrits, en 13 langues différentes. Tous les manuscrits arabes et syriaques sont déjà disponibles, tandis qu’un certain nombre de manuscrits grecs, géorgiens et slavons sont accessibles, mais de nouveaux sont régulièrement mis en ligne.
vendredi 10 janvier 2025
Clavier mandéen pour Mac
Nouveau !!! Mon nouveau clavier mandéen pour Mac est disponible sur la page « Claviers Mac » de mon blogue. Toutes les consignes y sont détaillées pour pouvoir installer ce clavier. Il vous permettra de reproduire l’écriture du mandéen, langue dans laquelle ont été écrits les livres sacrés du mandéisme, religion gnostique encore présente en Irak et en Iran. À ce sujet, je renvoie à mon article « Le Jésus mandéen: Entre mémoire nazoréenne et controverse religieuse à l’époque islamique », paru dans Judaïsme ancien / Ancient Judaism 10 (2022), p. 167-210 (https://www.brepolsonline.net/doi/abs/10.1484/J.JAAJ.5.133950).
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| Exemple de texte avec le clavier mandéen pour Mac. |
lundi 6 janvier 2025
Le De recognitione corporum SS. Laurentii et Stephani (BHL 4788)
Un court texte latin, le De recognitione corporum SS. Laurentii et Stephani (BHL 4788), narre la redécouverte des corps des saints Laurent et Étienne, en l’an 1447, sous le pontificat de Nicolas V (1447-1455). Ce récit d’invention de reliques présente une information curieuse. Il est indiqué que le corps de saint Étienne était dépourvu d’un bras. Ce détail s’explique, en réalité, par une précédente translation, qui se déroula sous le pontificat de Pélage II (579-590). Lors de cette translation, qui eut lieu de Constantinople à Rome, le cortège s’arrêta trois jours à Capoue ; c’est alors que les légats, sous l’insistance de l’évêque du lieu, lui remirent un bras du protomartyr Étienne. Lorsque la dépouille arriva à Rome, on la plaça dans l’église de Saint-Laurent-hors-les-Murs, où on la redécouvrit presque mille ans plus tard. Nous proposons ici une traduction française de ce texte.
Edition du texte latin dans les
Analecta Bollandiana 5 (1886), p. 192
lundi 16 décembre 2024
Article Hokhma
Je suis heureux d’annoncer la parution de mon article « Démons et tentations chez Évagre le Pontique (345-399) : le regard d’un Père de l’Église », dans la revue Hokhma 126.2 (2024), p. 35-65. Le numéro peut être commandé ici.
mardi 3 décembre 2024
Une version italienne en rime du Pseudo-Marcellus brevior
Le Pseudo-Marcellus brevior (CANT 193.1) est un texte apocryphe grec qui narre le combat de Pierre et Paul contre le mage Simon, combat suivi du martyre des deux apôtres. L’œuvre connut une large diffusion. Paru en latin au VIe siècle, le texte fut à son tour traduit en italien au cours du XIVe siècle. Plus tard, une version en rime fut composée au XVIe siècle en Toscane occidentale. C’est cette dernière version que nous nous proposons de traduire (ici), d’après le texte édité par E. Barbieri, « Lo Ps. Marcellus brevior in una traduzione italiana del Trecento », Apocrypha 7 (1996), p. 205-224.
lundi 25 novembre 2024
Pourquoi des saints ? Emission KTO « La foi prise au mot »
Vous pouvez regarder mon entretien, en compagnie de ma collègue Marie-Céline Isaïa de l’université Jean Moulin (Lyon 3), dans l’émission « La foi prise au mot » de la chaîne KTO, diffusée le 30 octobre 2024. Le sujet de la discussion s’intitulait « Pourquoi des saints ? » Ce fut l’occasion d’ouvrir de passionnants échanges au sujet de l’hagiographie, le culte des saints, les miracles... J’ai pu évoquer la figure de saint Étienne et présenter mon dernier ouvrage, qui lui est consacré, Les Actes éthiopiens du diacre Étienne, Brepols, 2024 (https://www.brepols.net/products/IS-9782503612492-1)
mardi 19 novembre 2024
Avesta - Zoroastrian Archives
Le site Avesta - Zoroastrian Archives (https://www.avesta.org/index.html) renferme quantité de ressources intéressantes et très utiles pour l’étude du zoroastrisme, notamment des éditions et traductions de textes avestiques et pehlevis. Par exemple, la totalité de l’Avesta y est consultable en caractères avestiques et en transcription. On y trouvera également quelques grammaires et manuels d’avestique.
mardi 5 novembre 2024
La prière au Saint-Esprit de Mæl-Ísu
Nous proposons en traduction une hymne irlandaise extraite du Liber Hymnorum, un ancien recueil bilingue (latin-irlandais) d’hymnes et prières. La pièce en question, en moyen-irlandais, est attribuée à un certain Mæl-Ísu (« serviteur de Jésus ») et se présente comme une brève prière d’invocation au Saint-Esprit. Nous nous sommes appuyés sur le texte édité par J. H. Bernard et R. Atkinson, The Irish Liber Hymnorum, vol. I, Londres, 1898, p. 159. Le texte irlandais et notre traduction sont téléchargeables ici.








