dimanche 17 janvier 2016

Une version arménienne ancienne de la légende des Sept dormants d’Éphèse

     La légende des Sept dormants d’Éphèse fut une des plus populaires de toute l’histoire du christianisme antique et médiéval. Elle raconte que sept jeunes nobles chrétiens d’Éphèse, craignant les persécutions de l’empereur Dèce, se réfugièrent dans une grotte et y moururent. Deux siècles plus tard, les dormants se réveillèrent et purent témoigner auprès de l’évêque de la ville et de l’empereur chrétien Théodose des tribulations qu’ils avaient endurées avant leur long sommeil. Bien que le récit originel, écrit par Étienne d’Éphèse (évêque de 448 à 451), soit perdu, la légende des Sept dormants est connue par de très nombreux témoins textuels transmis sous des formes et dans des langues diverses. Fait remarquable, la légende a traversé aussi bien les frontières linguistiques que les frontières confessionnelles. En prenant place dans la dix-huitième sourate du Coran, al-Kahf, elle a trouvé un écho tout particulier en Islam dès le viie siècle de notre ère. 
    Parmi ces divers témoins textuels figure un épitomé (« résumé ») arménien de la légende, que j'eus l'occasion de présenter lors d'une communication à l'École normale supérieure d'Ulm en mars 2015. Ce texte arménien, dont dont je publie et mets en ligne une traduction, fut édité en 1885 par Ignazio Guidi. Conservé dans un manuscrit romain du xiiie siècle, il reprend les éléments connus de la forme chrétienne de la légende et fait notamment écho aux controverses du ve siècle sur la résurrection des corps. 

      Ma traduction française est téléchargeable à partir du lien suivant :




Icône byzantine représentant
les sept dormants d’Éphèse
Miniature persane représentant
les sept dormants d’Éphèse