vendredi 23 janvier 2015

La tonsure et la couronne


       L'extrait que nous traduisons ci-dessous provient d'un texte mystagogique grec, daté du 9e siècle et qui a pour nom d'auteur Basile de Césarée. Comme dans les autres ouvrages mystagogiques, dont la célèbre Mystagôgia de Maxime le Confesseur, sont commentés et expliqués, citations de l'Écriture à l'appui, la disposition des différentes parties de l'église, le symbolisme des sacrements ou encore les vêtements des officiants. Destinés aux catéchumènes, ces exposés avaient pour dessein de les préparer au baptême. 

         La passage suivant indique pourquoi les prêtres portent la tonsure : c'est parce que saint Pierre, le chef des prêtres, fut tondu et moqué mais, par la grâce que Jésus-Christ lui accorda, cette tonsure d'infamie devint une couronne de gloire. La tonsure presbytérale ou monastique figure ainsi une couronne, celle de Pierre, car ce dernier est la « couronne des douze pierres (les apôtres) » et le « grand-prêtre du Christ ».



"La raison pour laquelle on se tond autour des cheveux"

La double couronne placée sur la tête du prêtre, que la forme des cheveux laisse deviner, figure le chef de Pierre, le vénérable prince des apôtres, lorsque, après qu'il fut envoyé pour proclamer le Seigneur et instruire à son sujet, fut tondu par ceux qui ne croient pas à la Parole (1 Pierre 2, 8) et ridiculisé par ces mêmes personnes. Mais le Christ, le maître, l'a béni (scil. le chef) : il mua le déshonneur en honneur et fit de cette moquerie un motif de gloire. Il plaça sur sa tête une couronne (Psaume 21, 4), non pas faite de pierres précieuses (Psaume 21, 4) mais de la pierre et du rocher de sa foi, qui brillent davantage que l'or, la topaze (Psaume 119, 127) et les pierres précieuses. Parce qu'il est l'éminence, l'ornement et la couronne des douze pierres, qui sont les apôtres, le très saint Pierre est le grand-prêtre du Christ." 


Source : F. E. BRIGHTMAN, "THE HISTORIA MYSTAGOGICA AND OTHER GREEK COMMENTARIES ON THE BYZANTINE LITURGY", The Journal of Theological Studies 9 (1908), p. 260-261.