samedi 10 mai 2014

« La veuve » de Petőfi Sándor

      Parmi les langues chères à mon cœur, le hongrois tient une place particulière. J’eus la chance de travailler quelque temps en pays magyar et d’y apprendre son surprenant idiome. Je trouve encore le temps de me laisser charmé par ses vingt-deux désinences casuelles (que d’aucuns estiment être plutôt des postpositions... miért ne ?) et ses conjugaisons subjective et objective. Eh oui, on ne conjugue pas de la même façon le verbe « voir » quand on dit « Je vois (látokun chien » et « Je vois (látomle chien. »

    Je vous propose une traduction d’un court poème de Petőfi Sándor sur lequel je suis tombé dans mes lectures. Vous apprécierez l’ironie du barde national...

     Ma traduction est également téléchargeable en format PDF ici.



Az özvegy...

Az özvegy gyászba öltözék ;
Kedves férjét eltemeték.
Ő gyászruhát ölt a meghalt után ! —
Jó asszony, ez egyet föl se vedd,
Vagy végy föl többet... hisz ez egy ruhán
Keresztülcsillog titkos örömed.

(tiré de Petőfi Sándor összes versei, Budapest, Osiris Kiadó, 2007, p. 494)


La veuve

La veuve prend le deuil ; 
Elle inhume son cher époux
Et se pare de l’habit du deuil derrière le mort !
Ma bonne dame, cessez donc de le porter, 
Ou bien enfilez-en encore d’autres... car au travers de ce vêtement
Perce l’éclat de votre secrète joie.